mardi 10 mars 2009

1er journal produit par les cadres (sans journalistes) dans le lock-out du Réveil : Une analyse


En fin de semaine dernière, suite au lock-out déclenché par Quebecor visant les travailleurs et travailleuses du journal Le Réveil au Saguenay, les cadres ont publié un premier journal dans ce conflit de travail concernant la conservation d’emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Voici une analyse des textes qui y ont été intégrés pour calmer l’opinion publique au sujet du lock-out.

En première page, l’attention est attiré par un bandeau en haut qui indique : « Le Réveil donne sa position sur le conflit » en 3 pages (4,5,6). Trois pages du journal consacrées à contrecarrer l’influence des lock-outé(e)s dans l’opinion publique. Les textes éditoriaux sont composés par : Pierre Karl Péladeau, Diane Audet et les conseillers/ères publicitaires du journal, soit les patrons et leurs cadres qui leur permettent de s’enrichir au détriment des travailleurs de la région. Le premier article est écrit par le boss Péladeau(aussi responsable du lock-out des travailleurs/euses du Journal de Montréal et de ceux du Journal de Québec pour 473 jours en 2007-2008). Il y tente d’expliquer que la formule du journal régional serait passée date mais pas l’argent récoltée par les publicités régionales, qui seront évidemment conservées. Fidèle à ses intérêts de classe, le patron tente de miner la crédibilité de la CSN en mettant en doute la démocratie au sein du syndicat et remercie les lecteurs/trices et les annonceurs « fidèles » au journal. La hargne contre les syndicats n’est pas nouvelle pour Péladeau, le bonhomme est un antisyndicaliste reconnu et ne souhaite que maximiser ses profits aux dépens des salarié(e)s et de la qualité des médias.

Le deuxième texte, de Diane Audet, éditrice des Éditions du Réveil explique que la fermeture de l’imprimerie pour en déplacer la production vers d’autres villes aurait été « inévitable ». En refusant d’admettre les positions politiques sous-tendant son discours, les propos de la cadre apparaissent d’un style journalistique plus que douteux, voir carrément insultant pour tout(e)s les lock-outé(e)s qui n’ont que refusé la perte d’emplois régionaux dans le processus de centralisation de Quebecor. Elle va jusqu’à dire : « Il est dommage que ces propositions aient été rejetées, mais nous ne pouvons retourner en arrière ». Belle exemple de complicité de classe, j’ai comme un « doute » qu’elle ne perdra pas sa job… ! En bonne populiste de droite, elle affirme d’un côté son attachement à la région et de l’autre, son soutien de l’entreprise qui s’apprête à centraliser des emplois régionaux à Montréal, trouvez l’erreur !

Finalement, la troisième page de cette suite de propagande patronale traite de changements majeurs au design (le journal des cadres est très simplifié) et s’adresse directement aux annonceurs du journal via une « Lette aux annonceurs du Réveil », signée par les conseillers publicitaires. Collabos avec les patrons et traîtres envers les lock-outé(e)s, les signataires de ce dernier y expriment qu’un boycott des annonces auraient des effets négatifs sur l’économie de la région ! En bon scabs improvisés (y’a pourtant pas de grève!), ils défendent les intérêts des boss, en voilà un bout :

« … tous doivent bien saisir que le travail que nous faisons et que nous voulons continuer à faire au cours des prochaines semaines a aussi pour objectif de permettre la parution de notre hebdomadaire et ainsi, de protéger les nombreux emplois qui y sont rattachés. Encore une fois, dans le contexte économique actuel, il s’agit d’un enjeu important. »

La Ville de Saguenay achète pour elle seule 130 000$ de publicités par année au Réveil de Quebecor, grande entreprise qui monopolise avec Power Corporation, de la famille Desmarais, les médias au Québec et y jouent de leur influence politique. Les travailleurs/euses dont l’arrêt de travail a été forcé y travaillaient pour certain(e)s depuis 40 ans. Après autant d’année de travail, ils et elles sont tout à fait capables de faire fonctionner et gérer la production du journal par eux et elles mêmes sans patron, l’autogestion, comme il l’a été fait à Arvida en 2004. Les lock-outé(e)s n’ont jamais fait la grève depuis la création du journal et ont accumulé les concessions pour finalement en arriver à quoi? De la défiance et des insultes à peine voilées, sous les plumes de P. K. Péladeau et de ses cadres collabos.

Vous pouvez supporter les lock-outé(e)s en faisant pression contre les entreprises qui posent toujours leur publicité dans le journal.


Vous pouvez aussi vous rendre sur les lignes de piquetage au 3388 boulevard St-François à Jonquière et offrir un aide en soutien.


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