jeudi 29 décembre 2011

Notre premier bilan local du mouvement #Occupons

La fin de l'année représente une bonne occasion pour réaliser des bilans des bons et mauvais coups de 2011 qui s'achève, toujours afin de tirer les leçons qui s'imposent pour que celle qui suivra soit encore meilleure. Ce texte portera plus particulièrement sur un mouvement dont la très rapide expansion avait de quoi surprendre, le mouvement « Occupons ».

Et en effet, la surprise était de mise. À plusieurs centaines de kilomètres des États-Unis, une agitation parmi les classes travailleuses et dépossédées américaines était facilement concevable avec les proportions massives que prenaient les saisies de maison, le nombre de ménage vivant grâce aux « food stamps » (des tickets de rationnement) et à l’opposée, le dévoilement de grands scandales financiers présentant au grand public la complicité du jeu politique dans l’accumulation sauvage des grands capitalistes. Au grand désarroi des populistes de droite du Tea Party et de ceux présents autant dans le Parti Républicain que dans le Parti Démocrate, preuve était mise au grand jour que, malgré toute la culpabilisation des plus pauvres et de la classe moyenne, les véritables assistés sociaux étaient bien les grandes entreprises (avec leurs « restructurations ») et les grandes banques.

Le mouvement Occupons fit sa première apparition au Saguenay le 15 octobre, alors que plus de 1 000 villes à travers le monde faisaient de même, répondant à l’appel de solidarité internationale lancé par le rassemblement Occupons Wall Street. Non sans avoir bénéficiée de la curiosité piquée dans plusieurs médias, cette première journée rassembla près de 150 personnes dans le Parc du Bassin autour d’un discours anticapitaliste. Fonctionnant sur le principe de la démocratie directe, tout en utilisant des méthodes propres au mouvement, l’assemblée générale d’Occupons Saguenay fut souveraine dans les décisions du mouvement local et celles-ci furent respectées. L’implication des individus de diverses opinions politiques, non exclu-e-s les communistes libertaires, prenaient tout son sens dans cette possibilité de s’organiser sans chef, dans un espace où pouvaient s’exprimer les pratiques et idées antioppressives (antisexistes, antiracistes et anti-homophobes). Bref, un espace potentiellement libre, qu’il nous semble, les anarchistes gagnaient à rejoindre afin de participer au bouillonnement d’idées (dont nous avons tant besoin!). Cette participation de notre part, avec l’organisation d’un Food not bombs (distribution gratuite de bouffe) et la tenue d’une table de diffusion, ne fut pas difficultés avec la provocation réalisée durant un quart d’heure par un groupuscule néonazi de « québécois de souche » du coin. Mais, en réagissant de façon ferme et réfléchie, le bilan de la journée est néanmoins demeuré très positif.

Même s’il n’y eut pas de campement permanent d’organisé au Saguenay, le mouvement local se poursuivit au rythme d’un rassemblement par semaine. Des quelques 150 personnes de la première journée, pour la moitié reliées aux divers mouvements sociaux et culturels de la région, sont restées dans la continuité de 30 à 50 personnes, dont beaucoup étaient des visages plutôt nouveaux dans la contestation locale. Si, pour notre part, nous défendions l’idée que les individus prennent en main l’organisation de davantage d’initiatives, nous demeurions très critiques par rapport à la pensée magique de certain-e-s libertaires, de même que celle de militant-e-s d’organismes sociaux de la région. Les soirées de « débats progressistes » comme les rencontres hebdomadaires témoignaient bien d’un intense processus de politisation pour les participant-e-s de la continuité du mouvement. La mobilisation étant une construction permanente, il était ainsi nécessaire que nous nous joignions à ces activités afin de faire de nos idées, non des théories de tour d’ivoire et des mandats d’organismes figés sur le papier, mais des forces participant à la création du réel dans notre milieu de vie. À partir de la mi-novembre, des marches auxquelles près d’une trentaine de personnes participaient eurent lieu un peu toutes les fins de semaine dans le centre-ville afin de visibiliser un peu plus le message de cette occupation symbolique de l’espace. Enfin, plusieurs éditions du journal d’Occupons Saguenay, « l’Os », ont paru et été distribuées avec les efforts de camarades du collectif Fleur de rue.

Le mouvement n’en est certainement pas à son dernier mot après cet automne et une suite est prévisible. Laquelle? Là est toute la question comme dans tout mouvement social. Avec l’approche imminente d’un important conflit de travail à l’usine Rio Tinto-Alcan d’Alma et une grève générale illimitée historique dans l’ensemble des campus postsecondaires de la province, il faut voir qu’une masse importante du 99% sollicitera appuis et solidarité. Partout dans la province, les mouvements Occupons peuvent mettre l’épaule à la roue et prendre activement part à ces grands mouvements afin de les unir en une cause commune – l’abolition du système capitaliste et patriarcal et son remplacement par une économie humaine basée sur les besoins réels des individus. Il est temps de répondre à cette urgence planétaire qui met en péril notre propre survie. Il est temps de briser le gouffre croissant d’inégalités sociales qui sépare l’Humanité en des milliards de dépourvu-e-s et quelques dizaines de milliers d’ultra-riches surprotégés par les armes, leur technologie et les États. Il est temps d’occuper les usines, les cégeps et les universités, les hôpitaux, la route du Parc, les palais de justice,… Il est enfin temps de prendre véritablement en main notre avenir. Nous n’avons qu’une seule vie, changeons-la!

1 commentaires:

  1. la colère face aux injustices (salaire minimum VS 3 millions de revenu pour l'an passé pour Alain Bouchard, le principal dirigeant) se traduit aussi par des trav. de Couche-Tard qui se syndiquent. Les plus précaires ont aussi le droit au travail et à la négociation. En souhaitant que les trav. des CTard du SagLac amorçent aussi un mouvement de syndicalisation.
    Solidarité !
    Sylvie Joly

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