vendredi 6 janvier 2012

LAB Chrysotile : Un nouveau vol organisé avec la complicité du gouvernement

La Sûreté du Québec a bien beau assurer aux journalistes (Journal du Québec, 6 jan.) qu'elle travaillera d'arrache-pied pour contrer la corruption monumentale qui se profile à l'horizon avec le Plan Nord, chaque mois les travailleurs et travailleuses du Québec subissent de nouveaux vols d'importance massive et le gouvernement, complice, joue d'opérations de relations publiques devant les médias pour se décharger de toutes responsabilités face aux salarié-e-s floué-e-s. Il est plutôt paradoxal de constater que le gouvernement est pourtant si prompt et aux aguets pour intervenir dans les conflits de travail, notamment avec ses lois spéciales et ses amendes salées contre les grèves "illégales" (peut-on encore parler d'un droit?), quand les grands patrons recherchent ses faveurs.

À Thetford Mines, LAB Chrysotile possède l'une des deux dernières mines d'amiante au Canada, un minerai qui, comme on le sait, a de moins en moins de débouchés dans le monde et est connu comme la première cause de maladie industrielle au Québec (bien sûr les chiffres liés à l'aluminium sont plus nébuleux en raison des traffiquages historiques de l'Alcan). En octobre dernier, la minière mettait au chômage ses 350 travailleurs et mercredi, ceux-ci ont appris que l'entreprise se mettait sous la protection de la loi de la faillite pour une petite restructuration, une opération à la AbitibiBowater. Voilà aujourd'hui que la direction de l'entreprise a annoncé que les fonds de retraite de 650 travailleurs et retraités ne seront pas garantis dans ce plan de restructuration, le déficit en actions du régime de retraite étant évalué à près de 7 millions de $. De son côté, le gouvernement du Québec se dit prêt à aider au financement de la relance de l'entreprise, bien prévue (!) et dans laquelle il est prévisible que les travailleurs (dont le contrat de travail est échu depuis le 30 novembre) se feront littéralement plumer, mais refuse littéralement d'intervenir sur la question du régime de retraite! En bref, une mort jeune et pauvre attend les travailleurs et ex-travailleurs de l'amiante, victimes d'une autre industrie que l'État québécois et le Capital continueront de promouvoir jusqu'à son interdiction totale des marchés mondiaux.

Cette restructuration, ou plutôt cette saignée pour les travailleurs, n'est pas sans rappeler celle d'AbitibiBowater. Avec la complicité du gouvernement, la grande entreprise avait alors pu forcer des concessions outrageuses à ses travailleurs et travailleuses, tout en se délestant de dettes de plusieurs centaines de milliers de dollar envers des salarié-e-s, sous-contractants et PMEs de la région. On se souvient de comment les élites et la bourgeoisie locale s'étaient alors activées à contenir la colère qui menaçait de faire rage. Encore cet automne, nous pouvions d'ailleurs encore les voir à l'œuvre. L'administration municipale de Saguenay, via l'organisme "para-municipal" Promotion Saguenay, allouait plusieurs dizaines de milliers de dollar à la multinationale pour une étude d'experts américains sur la relance de la machine no. 6 - étude qui a fait du bon papier de toilette pour la direction. Puis ensuite, cette grande parade régionaliste faisant miroiter 1000 solutions dans l'alliance entre la classe ouvrière et la bourgeoisie et ses représentants élus - les salarié-e-s se trouvant au final, à nouveau le "cul à l'eau". Et bien, maintenant encore, dans le dossier du lock-out des travailleurs et travailleuses de Rio Tinto-Alcan à Alma, ces mêmes élus (dont Claude Patry et Alexandre Cloutier) et bourgeois disent hypocritement appuyer les syndiqué-e-s, tout en déclarant à tout vent qu'ils désirent une fin rapide du lock-out. Ce type de déclaration ne favorisant nullement l'établissement d'un rapport de force des syndiqué-e-s, c'est bien la paix sociale qu'ils veulent par dessus tout. Il faut voir que ces couches sociales n'ont en fait aucune solution pour nos problèmes régionaux, sinon des dépenses futiles en "plasters" pour leur image publique. Et ce statu quo historique sert bien leur intérêt de classe; la préservation de leurs privilèges sur la majorité de la population en est ainsi assurée.

Le vrai changement viendra de nous-mêmes; passons à l'action directe, à la démocratie directe, à l'autogestion et défendons nos vies !

1 commentaires:

  1. Vous avez raison, rien de trop beau pour écraser la classe ouvrière.

    Dans le cas d'Abitibibowater, ce qui est le plus regrettable, c'est une fraude organisé pour faire un ménage dans l'industrie. Dans cette bataille les syndicats ont été faible en faisant le jeu de la compagnie, à ce que l'on nous dit, par craine d'une faillite totale. Mais est ce vraiment vrai?

    Ils ont accepté des baisses de salaire de plus de 10%, alors que les boss filaient en douce avec des primes à la retraite pour plus de 40 millions et des bonus non imposable pour 200 millions. Une vrai honte. Et d'un autre côté on veut dépouiller les retraités de leurs retraite, scandaleux et inacceptable. Gignac qui dit que ce n'est pas à l'État de prendre la responsabilité de tous les régimes privés.

    C'est à qui la responsabilité, qui nous DÉFEND? Nos syndicats sont rendu aussi hypocrites que les gouvernements, ils va falloir qu'ils s'occupent de leurs mandats nous défendre. La faillite d'Abitibibowater a fait leur affaire, il faut que le monde se réveille et leur dise les vrais choses. Avec leur filiale Solifor dont ils ont des investissements massifs dans les scieries, cela devenait rentable pour eux de faire baisser les salaires de cette industrie. On aurait plutôt dû négocier un gel des salaires et nos requins s'en serait porté tout aussi bien.

    De plus, ils ont créé un fonds spéculatif avec la CSN et la Caisse de dépôt de placement du Québec spécialisé dans les SWAP et CDS. Ce sont ces mêmes instruments financiers dont les administrateurs d'Abitibiboeater ce sont servis pour faire sombrer leur propre entreprise. Maintenant, nos beaux syndicats misent sur de tels fonds pour leur rentabilité. Voilà tout un contraste de SOLIDARITÉ. La magouille est roi et maître partout dans notre beau Québec ou la colusion et la corruption règne au détriment de l'avenir du Québec et du petit peuple.

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