jeudi 19 janvier 2012

Lock-out à la Rio Tinto-Alcan d’Alma : Un conflit évitable?

Nous republions le texte suivant de Francis Ouellet, un travailleur de Rio Tinto-Alcan d’Alma, pour la vue qu’il offre sur les conditions qui ont mené au déclenchement du lock-out le 30 décembre 2011. Pour éviter que le conflit de travail ne soit une défaite amère pour les travailleurs et travailleuses après de douloureux mois, non seulement est-il important de rallier les travailleurs et travailleuses à travers la planète, mais plus concrètement encore, il faut développer localement un bastion de résistance de la base militante pour passer de la défensive à l’offensive. Le rapport de force qui s’exerce entre les parties patronale et syndicale se construit; il n’est pas seulement le fait des conditions objectives des parties, puisque les militants et militantes de la base sont en mesure de transformer la lutte et ses terrains. Les faits, depuis l’annonce du lock-out, démontrent jusqu’à présents que Rio Tinto-Alcan est toute à son aise devant le gouvernement, le système judiciaire, la Sûreté du Québec, les 5 églises d’Alma, la petite bourgeoisie régionale et les radios populistes de droite. Le ton est clair, seule l’action directe, collective et sans intermédiaires larbins, changera la donne.

Un conflit évitable?
Lbr.ca / Je n’y crois pas. Le lock-out a peu de lien avec les négociations. Pour RTA, ce conflit n’est qu’une opportunité d’affaire. La production est en baisse, mais c’est une conséquence négligeable. Présentement RTA fait d’énormes profits avec la vente d’électricité. Ils font du dumping la nuit vers les États Unis. La baisse de production à Alma, Shawinigan et d’Alcoa diminue les inventaires mondiaux et augmente le coût à la tonne. Déjà la semaine passé le coût avait augmenté de 100.00$.

RTA possède plusieurs entreprises au Québec. Nous allons servir d’exemple pour les négociations futur. Ils vont tout faire pour rentabiliser leur décision de nous fermer.

Je suis à mon 7ième contrat et je travaille pour Alcan depuis 25 ans. Depuis toutes ces années, c’est la première fois que je vois une telle préparation de la part de l’entreprise. Ils nous menaçaient de nous sortir en lock-out depuis un peu plus d’un an. Ils nous disaient sur le plancher « qu’ils allaient mettre des sous-traitants dans tous les services. Que tous les travailleurs qui allaient sortir à la retraite allaient être remplacés par des sous-traitants ». RTA a très bien préparé le terrain pour la fermeture. Ils savaient qu’en diffusant sur le plancher de telles allégations, leurs offres seraient refusées.

Je les ai tellement pris au sérieux que j’ai vendu ma grosse maison à Jonquière pour m’acheter un petit bungalow près d’Alma, en avril. J’ai payé toutes mes dettes. Je me prépare à ce conflit depuis un an. J’ai demandé à ma conjointe de se trouver du travail, elle a été femme au foyer presque 30 ans. Pour ceux qui ont des doutes sur cette décision, pourquoi j’aurais accepté de voyager pendant 15 ans sans jamais me plaindre et que subitement je décide de changer de vie à l’approche de ma retraite?

Le seul intervenant qui peut mettre fin à ce lock-out déguisé est RTA. Nous avons donné un vote de grève à près de 90%, le but était de négocier à force égale.

Je dis depuis le début : « ce lock-out n’a aucune raison d’être ». La compagnie nous a sorti sans aucun prétexte valable. Aucune baisse de production, aucun bris sérieux, aucune agression envers les cadres. Malgré tout, RTA essaie de faire porter l’odieux au syndicat.

Il ne faut pas oublier que c’est RTA qui nous a sortis sauvagement le 30 au soir. Le 31 si les travailleurs ne s’étaient pas présentés au travail pour réclamer leur « JOBS », RTA se serait fait un plaisir de dire que nous étions en grève pour cause de ne pas s’être présentés au travail à la fin de notre contrat.

Présentement nous croyons avoir encore suffisamment de force pour négocier. Mais dans un contexte de mondialisation où le rendement des entreprises est proportionnel à l'appétit démesuré des actionnaires, la disparition des valeurs syndicales sonnerait le glas de conditions de travail décentes et acceptables pour tous. Nous, les 780 travailleurs de l’usine Alma, sommes bien petits devant la machine RTA. D’où l’importance de se rallier à toute la population du Québec et d’ailleurs. Avec tous ceux qui croient à la possibilité de garder de bonnes conditions de travail dans le futur pour nos enfants et les générations à venir.

Francis Ouellet

3 commentaires:

  1. se serait une belle opportunité pour la population de prendre le contrôle d'une usine

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  2. Tant et aussi longtemps que les travailleurs auront peur d’affronter physiquement les patrons, ils seront perdant.

    Les gros bras, il faut les affronter.

    Les scabs il faut les dénoncer.
    Photo et adresses sur tout les poteaux de la ville.

    Tous les moyens sont bon pour le patronna.

    Tous les moyens doivent être bon et être employé par les syndiqués.


    Relisez la vie de Michel Chartrand.

    C'est à vous de mettre au courant la population sur les filouteries des compagnies.

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  3. Si le capitalisme ne recule devant rien.

    Le syndicalisme ne doit reculer devant rien.

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